Quand Tariq Ramadan traitait Christelle de «menteuse» et de «folle»; mais depuis…

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Voilà bientôt une dizaine d’heures que la confrontation a commencé, en ce mardi 18 septembre. La tension est constante.
Alors, quand les juges d’instruction lui donnent la parole, au terme de leur interrogatoire, Tariq Ramadan cisèle ses mots et aiguise ses attaques. Dans une tirade en forme de réquisitoire, le prédicateur musulman dit tout le mal qu’il pense de la justice française et de « Christelle » – un prénom d’emprunt –, l’une de ses accusatrices, qui partage ce jour-là la même pièce que lui dans le nouveau Palais de justice de Paris.

« J’ai un doute sur ce qui est le plus consternant, dit-il, entre ce que nous venons d’entendre et le fait que trois juges de la République française donnent du crédit aux propos d’une femme dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne brille pas par sa cohérence et son équilibre. A ce jour, cela m’a valu huit mois de prison. »

Depuis le début de la journée comme depuis que Christelle a porté plainte, le 27 octobre 2017, contre Tariq Ramadan, l’accusant de l’avoir violé lors d’une rencontre à l’Hôtel Hilton de Lyon, le 9 octobre 2009, deux versions s’opposent. D’un côté, la plaignante assure qu’il l’a fait entrer dans sa chambre, lui a imposé des rapports sexuels violents, des gifles, des coups de poing, et uriné dessus. L’islamologue suisse, mis en examen pour « viol » et « viol sur personne vulnérable » le 2 février, et placé en détention provisoire depuis, nie tout rapport physique. Comme il conteste l’avoir fait monter dans sa chambre. Il a juste, assure-t-il, bu un verre avec elle dans le lobby de l’hôtel. Rien de plus.

Chaque partie connaît le récit adverse. Voilà des mois que les déclarations, antinomiques, sont figées. Christelle et Tariq Ramadan avaient déjà été entendus simultanément, devant les policiers, lors d’une précédente confrontation le 1er février, à la veille de la mise en examen de l’islamologue.

A propos de la plaignante, il martèle de nouveau qu’elle est « folle », « menteuse », atteinte d’« une forme de mythomanie ». Dénonce des « affabulations au-dessus des montagnes ». A une juge qui lui dit : « Ce n’est pas la peine de me regarder comme ça, M. Ramadan », il répond : « Je vous regarde comme je veux et quand je veux. »

Agenda peu chargé

Après avoir été confronté à des échanges sur Skype avec Christelle, l’islamologue a reconnu le 5 juin, lors d’un premier interrogatoire devant les magistrats, un « jeu de séduction » et des « rapports de nature sexuelle et virtuelle ». Mais pourquoi a-t-il consenti à ce rendez-vous avec cette femme dont il dresse un portrait si peu flatteur, face aux enquêteurs ? Pourquoi ne s’en est-il pas méfié, lui qui assure : « J’ai eu immédiatement des doutes quant à ses propos », avant même de la rencontrer physiquement. Le théologien mentionne un agenda peu chargé, ce 9 octobre 2009, en raison d’un vol d’avion modifié, qui l’a fait arriver à Lyon plus tôt que prévu et lui a laissé du temps libre avant une conférence le soir même. Il a donc rencontré Christelle, « le plus naturellement du monde ».

La suite : https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/09/26/quand-tariq-ramadan-s-indignait-des-affabulations-d-une-menteuse_5360392_1653578.html

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